Archives / catégorie Intra-mondanités

Permanent Vacation

22 octobre 2007, 10:21, par Tlön

Permanent Vacation (1980)

I was thinking about the note I left her when I got on the boat. How can you explain something like this to someone? I’m just not the kind of person that settles in to anything. I don’t think I ever will be. There’s really anything left to explain that can be and that’s what I was trying to explain in the first place. I’m just not like that. I don’t want a job, or a house, or taxes… although I wouldn’t mind a car but… I don’t know. Now that I’m away I whish I was back there more then even when I was there. Let’s just say I’m a certain kind of tourist… tourist that’s on a permanent vacation.

– Jim Jarmusch, Permanent Vacation, États-Unis, 1980.

Gourmandise

18 octobre 2007, 14:28, par Odradek

Des figues extraordinaires comme on n’en avait jamais vu auparavant en ce lieu, avaient été apportées de Maréotis de Lybie à abba Jean, l’économe du désert de Scété, à qui le bienheureux prêtre Paphnuce avait confié le soin de l’administration de l’Église. Il les envoya aussitôt, par l’intermédiaire de deux jeunes gens, à un vieillard qui, à l’intérieur du désert, souffrait de mauvaise santé. Il demeurait à dix-huit milles de l’Église. Comme les jeunes gens se dirigeaient vers la cellule du vieillard avec les fruits qu’ils avaient reçus, un brouillard épais tomba subitement et leur fit perdre le droit chemin –ce qui, en cette région, arrive fréquemment même aux anciens. Divaguant pendant tout le jour et toute la nuit dans l’immense désert sans piste, ils n’arrivèrent pas à repérer la cellule du malade. Épuisés par la fatigue du chemin, le manque de nourriture et de boisson, ils rendirent leur esprit au Seigneur, à genoux dans l’office de la prière. Ensuite, on les rechercha longtemps en suivant la trace de leurs pas, qui laissent une empreinte dans ces lieux sablonneux, comme dans la neige, jusqu’à ce que souffle un vent léger qui les recouvre de sable fin. On découvrit qu’ils avaient conservé les figues sans les toucher, comme ils les avaient reçues, préférant rendre l’âme plutôt qu’abandonner le dépôt confié, et perdre leur vie temporelle que violer le commandement de l’ancien. (Cassien, Institutions cénobitiques, livre V, chapitre 40, 6-28)

stars google

23 août 2007, 16:49, par Odradek
Google launched the latest addition to its Google Earth application. This time, instead of zooming from space to street-level view on Earth, users will be able to zoom from Earth to the stars. Called Google Sky, it’s part of Google Earth 4.2.

—«Google Sky: explore the stars, By Todd Haselton | Published: August 22, 2007 - 12:24PM CT

No media

15 août 2007, 16:59, par Odradek
Nous entrons dans un monde d’images omniprésentes et de média absent. Toujours plus d’images et toujours moins de télévision. Nous allons connaître une société sans télévision. Ce n’est pas la télévision en tant que technologie qui disparaît, mais la télévision en tant que média: la télévision, outil de focalisation des sociétés modernes, celle qui, par exemple, le 20 juillet 1969, rassembla toute la planète devant les premiers pas d’Armstrong sur la Lune, ou celle qui réunit quotidiennement des millions de téléspectateurs devant les journaux de 20 heures.

Extrait de La Fin de la télévision de Jean-Louis Missika

Ceci n’est pas un graphe

5 août 2007, 13:48, par Tlön

Graphe du blog PasSurLaLune

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» Websites as Graphs

«Non-événement»: la fin de la télé

14 juin 2007, 09:59, par Odradek

Au sujet de la vidéo diffusée massivement sur Internet et montrant la première conférence de presse du président de la République Française, Nicolas Sarkozy, visiblement pas en forme au sommet du G8:

Au rythme de consultation observé, rythme qui comme nous le disions ne montre aucun signe de ralentissement, la vidéo dépassera l’audience d’un 20 heures de TF1 avant demain matin (8,5 millions), des deux journaux du soir (TF1 et France 2) cumulés sous 48 heures et de la finale de la coupe du monde de 1998 (plus haute audience de l’histoire en France avec plus de 20 millions de téléspectateurs) d’ici lundi prochain et ceci auprès des internautes du monde entier. […] Cette vidéo ne signe-t-elle pas la première victoire symbolique du web sur la télévision comme média de masse et d’influence en offrant une exposition à des images supérieure à celle qu’elles auraient eu si la télévision les avaient diffusées?

—Source: Guilhem Fouetillou, «Consultation de la vidéo de Nicolas Sarkozy», jeudi 14 juin 2007.

Nietzsche en tube [1]

17 mai 2007, 17:09, par Odradek

Mais à qui est-ce que je tiens ce discours ?

—Nietzsche, fragment posthume (Sils-Maria, été 1885).

Le village affronté

20 mars 2007, 18:29, par Tlön

The Village, M. Night Shyamalan 2004
The Village (M. Night Shyamalan, États-Unis, 2004)

And what if this is true in a much more radical way than it may appear? What if the true Evil of our societies is not the capitalist dynamics as such, but the attempts to extricate ourselves from it (while profiting from it), to carve out self-enclosed communal spaces, from “gated communities” to exclusive racial or religious groups?

– ZIZEK, Slavoj (2006?). «M. Night Shyamalan’s The Village», The Pervert’s Guide to Cinema.

De part et d’autre de la béance du monde creusée sous le nom de «globalisation», c’est bien la communauté qui s’est séparée et affrontée à elle-même. Jadis les communautés ont pu se penser distinctes et autonomes sans chercher leur assomption dans une humanité générique. Mais lorsque le monde finit de devenir mondial et lorsque l’homme finit de devenir humain (c’est en ce sens aussi qu’il devient «le dernier homme»), lorsque «la» communauté se met à bégayer une étrange unicité (comme s’il devait n’y en avoir qu’une et comme s’il devait y avoir une essence unique du commun), alors «la» communauté comprend que c’est elle qui est béante – ouverte béante sur son unité et sur son essence absente – et qu’elle affronte en elle cette brisure.

– NANCY, Jean-Luc (2001). La Communauté affrontée, éd. Galilée, Paris, p. 17.

Hikikomori

18 mars 2007, 15:29, par Tlön

Hikikomori

One morning when he was 15, Takeshi shut the door to his bedroom, and for the next four years he did not come out. He didn’t go to school. He didn’t have a job. He didn’t have friends. Month after month, he spent 23 hours a day in a room no bigger than a king-size mattress, where he ate dumplings, rice and other leftovers that his mother had cooked, watched TV game shows and listened to Radiohead and Nirvana. “Anything,” he said, “that was dark and sounded desperate.

– JONES, Maggie (2006). «Shutting Themselves In», New York Times, 25 janvier.

Voir également :
» Japan : The Missing Million (BBC, octobre 2002)

Perdant anonyme

17 mars 2007, 16:06, par Tlön

(…) Bernard Stiegler engage son propos avec le rappel d’un fait divers intervenu quelques semaines plus tôt. Dans la nuit du 26 au 27 mars, à quelques semaines du 21 avril, Richard Durn provoque un émoi considérable dans la France entière en assassinant huit membres du conseil municipal de Nanterre réuni en séance plénière. Durn avait fait le mal, expliquera-t-il en substance, parce qu’il voulait avoir au moins une fois dans sa vie le sentiment d’exister. Quelque chose dans la seule réalité de ce conseil municipal lui était devenu insupportable. Et ce quelque chose, Richard Durn crut pouvoir le faire disparaître par un carnage, une sorte d’hécatombe, et, du coup, réparer sa propre histoire de perdant anonyme. Il se suicide le 28 mars dans les locaux de la police. Ce passage à l’acte est d’une ampleur considérable, comme le sera un peu plus tard, et dans un autre registre, le premier tour de l’élection présidentielle, lequel verra nombre d’électeurs utiliser leur bulletin de vote pour vomir un système politique [supposé les représenter]. Et, d’une certaine manière, [il] précipite son implosion, quelles qu’en soient les conséquences.»

– CONROD, Daniel. «Comment la dictature de la consommation désespère le citoyen. Bernard Stielgler.»

Voir également:

Sens, essence, puissance

12 mars 2007, 13:58, par Tlön

Lorsque, bien après Spinoza, Nietzsche lancera le concept de volonté de puissance, je ne dis pas qu’il veuille dire que cela, mais il veut dire, avant tout, cela. Et on ne peut rien comprendre chez Nietzsche si l’on croit que c’est l’opération par laquelle chacun de nous tendrait vers la puissance. La puissance ce n’est pas ce que je veux, par définition, c’est ce que j’ai. J’ai telle ou telle puissance et c’est cela qui me situe dans l’échelle quantitative des êtres. Faire de puissance l’objet de la volonté c’est un contresens, c’est juste le contraire. C’est d’après la puissance que j’ai que je veux ceci ou cela. Volonté de puissance ça veut dire que vous définirez les choses, les hommes, les animaux d’après la puissance effective qu’ils ont. Encore une fois, c’est la question : qu’est-ce que peut un corps ? C’est très différent de la question morale : qu’est-ce que tu dois en vertu de ton essence, c’est qu’est-ce que tu peux, toi, en vertu de ta puissance. Voilà donc que la puissance constitue l’échelle quantitative des êtres. C’est la quantité de puissance qui distingue un existant d’un autre existant.Spinoza dit très souvent que l’essence c’est la puissance. Comprenez le coup philosophique qu’il est en train de faire.

– DELEUZE, Gilles (1980). Cours : « Spinoza : Ontologie-Éthique », Vincennes, Paris, 12 décembre.

Boring Boring Postcards

8 mars 2007, 12:40, par Odradek

Acédie pour toute la famille

8 mars 2007, 12:11, par Odradek

→ Acedia Music.org

Dandies nuls

8 février 2007, 14:14, par Odradek

La massification du phénomène, au xxe siècle, aura donné une version industrielle privée de son fond éthique et élitaire, se coupant de tout projet de mise en acte dans le domaine esthétique d’une supériorité auto-proclamée, et que le culte du geste élégant synthétise. Le dandysme devient indicible, littéralement parce que les traits monovalents, incontestables, caractéristiques de cette notion sont récupérés par une société en quête de modèles à dupliquer à l’infini, selon une logique du simulacre largement repérée et analysée.

Pham-Thanh, Gilbert (2002). «Poétique du dandy: du non-dit à l’indicible» in Poétique de l’étranger, No 2, p. 20.

L’autre homme des foules

8 février 2007, 13:22, par Odradek

Vincent Debanne: Dans le sens de la marche

Debanne, Vincent & Blanc, Benjamin (2006). Dans le sens de la marche (court-métrage de 12 minutes). Extrait du module 2.

Et pendant ce temps, sur Terre…

6 février 2007, 14:54, par Tlön

ORLANDO, Florida (Reuters) - A married U.S. astronaut was accused on Tuesday of trying to kidnap and kill a rival for the affections of a fellow astronaut after a bizarre 950-mile drive wearing diapers to confront the woman.U.S. Navy Capt. Lisa Nowak, who has three children, was initially arrested on attempted kidnapping charges on Monday in Orlando after assaulting Colleen Shipman, a U.S. Air Force captain she considered competition for the affections of a male astronaut, police said.

—Reuters (2007). « Astronaut charged with attempted murder » par Barbara Liston, édition du mardi 6 février.

Les guillotineurs

28 janvier 2007, 16:19, par Odradek

Les guillotineurs

Observons que les abolisseurs de la peine de mort doivent être plus ou moins intéressés à l’abolir. Souvent, ce sont des guillotineurs. Cela peut se résumer ainsi: «Je veux pouvoir couper ta tête, mais tu ne toucheras pas à la mienne». Les abolisseurs d’âmes (matérialistes) sont nécessairement des abolisseurs d’enfer; ils y sont, à coup sûr, intéressés. Tout au moins, ce sont des gens qui ont peur de revivre, –des paresseux.

Baudelaire, Charles. Mon Cœur mis à nu.

La vie et ses desseins éternels

22 janvier 2007, 11:04, par Tlön

Bambi Meets Godzilla (1969)

Bambi Meets Godzilla (Marv Newland, 1969). Voir le court-métrage.

La vie – nous étions ici confrontés au principe fondamental devant lequel tout le monde s’arrêtait, l’abîme où, dans son abandon de valeurs, tout le monde se précipitait aveuglément, se retrouvait et se taisait, bouleversé. Mais supposer que le créateur s’était spécialisé dans la vie, pour la mettre en valeur, la souligner et pratiquer avec elle autre chose que son habituel badinage, me semblait absurde. Cette force avait certainement bien d’autres champs d’activité et jetait ses regards de-ci de-là, sur des choses bien éloignées d’un cas aussi confus. La vie, si l’on voulait se faire une idée générale de ses exigences et de ses réalisations, mettait la reproduction au-dessus de tout, laquelle, comme l’enseigne l’expérience, pouvait s’obtenir facilement et les yeux fermés.

– BENN, Gottfried ([1947] 1995). « Le Ptoléméen. Nouvelle berlinoise », Le Ptoléméen, tr. H. Feydy, éd. Gallimard, coll. NRF, Paris, pp. 144.

Dandys en apesanteur

12 décembre 2006, 08:49, par Tlön
LOS ANGELES, Dec 7 (Reuters Life!) - You’ve booked your seat on the spaceship and passed the medical — but what to wear for that flight into the final frontier?.Orbital Outfitters has the answer. The new Los Angeles-based company on Thursday promised to dress the first space tourists and crew members in style.

“When someone puts on an IS3 (sub-orbital space suit), they will be protected by the best technology we cam muster, yet they will look like they’ve stepped off the set of a science fiction movie,” said Orbital Outfitters president Rick Tumlinson.

“With billionaires funding the new space companies and passengers paying up to $200,000 for a ride, safety is important. We intend to also make it chic,” Tumlinson said. [Lire la suite]

– Source : Reuters

I & I

6 décembre 2006, 11:00, par Odradek

«Your tube™ into my space™?
—no way!»
Me versus you

I and I is a complex term, referring to the oneness of Jah (God) and every human. Rastafarian scholar E. E. Cashmore: “I and I is an expression to totalize the concept of oneness, the oneness of two persons. So God is within all of us and we’re one people in fact. I and I means that God is in all men. The bond of Ras Tafari is the bond of God, of man. But man itself needs a head and the head of man is His Imperial Majesty Haile Selassie I (always pronounced as the letter “I,” never as the number one) of Ethiopia.” The term is often used in place of “you and I” or “we” among Rastafarians, implying that both persons are united under the love of Jah. See also: mysticism. Read more…

—source of the quote: Wikipædia

Quel dandysme?

28 novembre 2006, 14:15, par Tlön

Pose universelle

Ainsi, l’un veut admirer dans mon film un lyrisme de la rage. Un autre y a découvert que le passage d’une époque historique comportait une certaine mélancolie. D’autres, qui surestiment assurément les raffinement de la vie sociale actuelle, m’attribuent un certain dandysme. En tout ceci, cette vieille canaille d’époque poursuit sa manie qui consiste à nier ce qui est et d’expliquer ce qui n’est pas.

– Extrait du film Réfutation de tous les jugements tant élogieux qu’hostiles qui ont été jusqu’ici portés sur le film «La Société du spectacle» (Debord, 1975).

Alfredo!

23 novembre 2006, 17:26, par Tlön

Philippe Noiret 1930-2006

Distraction des corps en impesanteur

23 novembre 2006, 14:01, par Tlön

Corps séparés
– Image du haut tirée du film La Société du spectacle de Guy Debord (France, 1973).
– Image du bas tirée du film 2001: A Space Odyssey de Stanley Kubrick (Étas-Unis / G.-B., 1968).

Ce qui relie les spectacteurs n’est qu’un rapport irréversible au centre même qui maintient leur isolement. Le spectacle réunit le séparé, mais il le réunit en tant que séparé.

– DEBORD, Guy ([1967] 1992). La Société du spectacle, éd. Gallimard, coll. Folio, Paris, thèse 29, p. 30.

Ceux qui voudront découvrir des alternatives à l’existence dans l’auto-satisfaction stoïque ou l’arrêt que s’impose l’individualiste devant le miroir feront bien de se rappeler une époque où toute condition sur la conditio humana était imprégnée par l’évidence du fait qu’un jeu incessant de contaminations affectives se déroule entre les hommes, que ce soit dans la proximité familiale ou sur le marché ouvert. Bien avant que les axiomes de l’abstraction individualiste n’aient pu s’imposer, les psychologues-philosophes du début des temps modernes ont fait comprendre que l’espace interpersonnel est saturé d’énergies symbiotiques, érotiques et mimétiques-concurrentielles, qui démentent fondamentalement l’illusion de l’autonomie du sujet.

– SLOTERDIJK, Peter ([1998] 2002). Bulles. Sphères I, tr. O. Mannoni, éd. Fayard, coll. Pluriel philosophie, Paris, pp. 227-228.

Le rire de Fortino - Un jugement sur le monde [2]

21 novembre 2006, 12:25, par Tlön

Au sujet du révolutionnaire mexicain qui semble se marrer à la veille de son exécution. Hypothèse.

Faut-il dire que le retour à Nietzsche implique un certain esthétisme, un certain renoncement à la politique, un «individualisme» dépolitisé non moins que dépersonnalisé ? Peut-être pas. La politique est aussi affaire d’interprétation. L’intempestif [...] ne se réduit jamais à l’élément politique-historique. Mais il arrive parfois, dans de grands moments, qu’ils coïncident. Quand des gens meurrent de faim en Inde, ce désastre est historique-politique. Mais quand un peuple lutte pour sa libération, il y a toujours coïncidence d’actes poétiques et d’événements historiques ou d’actions politiques, l’incarnation glorieuse de quelque chose de sublime ou d’intempestif. Les grandes coïncidences, c’est par exemple l’éclat de rire de Nasser nationalisant Suez [...] Là, il y a quelque chose qui rappelle les injonctions de Rimbaud et de Nietzsche et qui vient doubler Marx – une joie artiste qui vient coïncider avec la lutte historique.

– DELEUZE, Gilles ([1967] 2002). «L’éclat de rire de Nietzsche», L’Île déserte et autres textes, de Minuit, coll. Paradoxe, pp. 180-181.

À toutes les sauces, même indigestes

20 novembre 2006, 16:42, par Tlön

Que faut-il retenir de Nietzsche ? Sa soeur, sa folie, son dieu dansant, sa volonté de puissance ou sa moustache ? Il paraîtrait que nous sommes dans un siècle « nietzschéen ». Bréviaires nietzschéens, recueils de citations pour révolté bon ton, alibi d’une hauteur de vue et d’un désengagement engagé, Nietzsche, dans cette course spiritualo-cynico-mondaine, cautionne tout, et surtout n’importe quoi. De Sollers (Une vie divine) à Onfray (De la sagesse tragique) and co, les références à Nietzsche vont bon train. « Un oui, un non, une ligne droite » (Onfray, Culture et dépendance), « Dieu et Dieu font quatre » (Nietzsche revu par Sollers), « ce qui ne me tue pas me fortifie » (pour tous). Voilà pour l’acceptable. « La terre a une peau et cette peau a des maladies. L’une de ces maladies s’appelle l’homme ». Voilà pour l’inacceptable. Il y a bien deux Nietzsche : le couru, le cité, le bohème ; le facho, le réac, le malade. Au choix. Une chose est sûre, dans le bestiaire fantastique de la course à l’échalote en paternité nietzschéenne, tous les coups sont permis.

– BERNAT-WINTER, Harold (2006), «Course à l’échalotte en paternité nietzschéenne», Critique et critique de la critique (blog électronique), billet du 28 février 2006.

HD extra-terrestre

16 novembre 2006, 18:50, par Tlön

Spatial HD

Images from the world’s first high definition television (HDTV) broadcast from space flashed across the screen yesterday in Times Square. On Nov. 15, 2006, NASA made history with the first live HDTV broadcasts from space, in cooperation with the Japan Aerospace Exploration Agency, Discovery HD Theater and Japanese broadcast network NHK.

The two HDTV broadcasts featured Expedition 14 Commander Michael Lopez-Alegria on the International Space Station, with Flight Engineer Thomas Reiter serving as camera operator aboard the 220-mile-high laboratory.

Un jugement sur le monde

8 novembre 2006, 20:05, par Tlön

L'Exécution de Fortino Samano - 1917

Ce type, on le fusille, voilà, il est sur son lieu d’exécution. C’est une photographie de Casasola: “L’exécution de Fortino Samano” [1917]. Et il se marre. On le fusille et puis il se marre avec une cigarette à la gueule. Ça, ça un c’est jugement sur le monde.

Jacques Monory dans La vie imaginée de Jacques Monory, documentaire de Jennifer Alleyn, Québec, 2006.

Lieutenant de Zapata, faux-monnayeur, Fortino Sámano finit fusillé par les troupes fédérales, exigeant de garder les mains libres et les yeux sans bandeau, fumant, le dos au mur, son dernier cigare. On a pu dire qu’il paraissait attendre sa fiancée. (Une autre photo, non retrouvée, a été décrite : le peloton va tirer, Fortino a ôté son chapeau, redresse le torse et dévisage les soldats avec fierté.)

– LALUCQ, Virginie et NANCY, Jean-Luc (2004). Fortino Samano: Les débordements du poème, éd. Galilée, Paris, quatrième de couverture.

Houston, we have a problem.

26 octobre 2006, 11:34, par Odradek


In this passionate talk, legendary spacecraft designer Burt Rutan lambasts the U.S government-funded space program for stagnating (”Houston, we have a problem.”), and calls for space entrepreneurs to pick up where NASA left off.

—Source: TEDBLOG

«Un égoïsme sans je»

15 octobre 2006, 13:07, par Odradek

Rien au monde ne peut nous enlever le pouvoir de dire je. Rien, sauf l’extrême malheur. Rien n’est pire que l’extrême malheur qui du dehors détruit le je, puisque dès lors on ne peut plus le détruire soi-même. Qu’arrive-t-il à ceux dont le malheur a détruit du dehors le je? On ne peut se représenter pour eux que l’anéantissement à la manière de la conception athée ou matérialiste.
Qu’ils aient perdu le je, cela ne veut pas dire qu’ils n’aient plus d’égoïsme. Au contraire. Certes, cela arrive quelquefois, quand ils se produit un dévouement de chien. Mais d’autres fois l’être est au contraire réduit à l’égoïsme nu, végétatif. Un égoïsme sans je.

—Simone WEIL, La Pesanteur et la grâce, Paris: Librairie Plon, collection «Agora», 1988 (1947), pp. 73-74.

Those yes-gentry…

13 octobre 2006, 11:55, par Tlön

Un lunatique?

For all men who say yes, lie; and all men who say no, – why, they are in the happy condition of judicious, unincumbered travellers in Europe; they cross the frontiers into Eternity with nothing but a carpet-bag, – that is to say, the Ego. Whereas those yes-gentry, they travel with heaps of baggage, and, damn them! they will never get through the Custom House. What’s the reason, Mr. Hawthorne, that in the last stages of metaphysics a fellow always falls to swearing so?

MELVILLE, Herman (1851). Lettre du 16 (?) avril à Nathaniel Hawthorn.