Arrivée à L.A.
25 juin 2006, 19:36, par TlönLe train arrive à Los Angeles au crépuscule. La ville paraît déserte. Au loin, les collines de Pasadena, les canyons, les petits rectanlges bleus des piscines éclairées. Le train longe des réservoirs d’eau vides, des parkings immenses et déserts, puis l’autoroute, et une interminable rangée d’entrepôts à louer, et je vois des bandes de jeunes garçons debout contre des palmiers ou formant des groupes dans les allées des immeubles, ou autour de voitures aux phares allumés, buvant des canettes de bière en écoutant les Motels. Le train ralentit en s’approchant de Union Station, comme s’il hésitait, dépasse des églises mexicaines, des bars, des boîtes de strip-tease, un cinéma en plein air où passe un film d’horreur sous-titré. Les palmiers se détachent sur le ciel orange pourpre, un ciel changeant, une femme passe devant la porte de mon compartiment et chantonne pour elle-même ou pour quelqu’un d’autre, qui sait: “This ain’t no silver streak“, et je vois par la vitre un jeune Mexicain qui conduit un camion Chevrolet rouge chanter au son de sa radio. Je pourrais presque toucher son visage grave et vide, entièrement tendu en avant.
EASTON ELLIS, Bret ([1994] 1996). Zombies, tr. B. Willerval, éd. 10/18, Paris, p. 100



