Archives / catégorie Désœuvrement
18 mars 2007, 15:29, par Tlön

One morning when he was 15, Takeshi shut the door to his bedroom, and for the next four years he did not come out. He didn’t go to school. He didn’t have a job. He didn’t have friends. Month after month, he spent 23 hours a day in a room no bigger than a king-size mattress, where he ate dumplings, rice and other leftovers that his mother had cooked, watched TV game shows and listened to Radiohead and Nirvana. “Anything,” he said, “that was dark and sounded desperate.
– JONES, Maggie (2006). «Shutting Themselves In», New York Times, 25 janvier.
Voir également :
» Japan : The Missing Million (BBC, octobre 2002)
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17 mars 2007, 16:06, par Tlön
(…) Bernard Stiegler engage son propos avec le rappel d’un fait divers intervenu quelques semaines plus tôt. Dans la nuit du 26 au 27 mars, à quelques semaines du 21 avril, Richard Durn provoque un émoi considérable dans la France entière en assassinant huit membres du conseil municipal de Nanterre réuni en séance plénière. Durn avait fait le mal, expliquera-t-il en substance, parce qu’il voulait avoir au moins une fois dans sa vie le sentiment d’exister. Quelque chose dans la seule réalité de ce conseil municipal lui était devenu insupportable. Et ce quelque chose, Richard Durn crut pouvoir le faire disparaître par un carnage, une sorte d’hécatombe, et, du coup, réparer sa propre histoire de perdant anonyme. Il se suicide le 28 mars dans les locaux de la police. Ce passage à l’acte est d’une ampleur considérable, comme le sera un peu plus tard, et dans un autre registre, le premier tour de l’élection présidentielle, lequel verra nombre d’électeurs utiliser leur bulletin de vote pour vomir un système politique [supposé les représenter]. Et, d’une certaine manière, [il] précipite son implosion, quelles qu’en soient les conséquences.»
– CONROD, Daniel. «Comment la dictature de la consommation désespère le citoyen. Bernard Stielgler.»
Voir également:
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17 mars 2007, 14:07, par Odradek
«Le module doit son nouveau nom aux écoliers d’Amérique, pour lesquels un concours de la meilleure appellation a été organisé. 2200 écoliers de 32 Etats ont participé à ce concours. Harmony s’est avérée l’appellation la plus valable aux yeux des spécialistes de la NASA. Selon eux, ce nom correspond bien à l’idée même de la construction de la Station spatiale internationale qui exige une certaine harmonie entre ses pays partenaires», rapporte vendredi une dépêche du site Internet russe «Les Nouvelles astronautiques».
—source: RIA Novosti
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17 mars 2007, 13:56, par Odradek
CAP CANAVERAL —«Cher journal»… Trois fois par semaine, les deux astronautes américains à bord de la Station spatiale internationale (ISS) consignent leurs pensées et impressions dans un journal intime. Il sera analysé pour mieux comprendre ce qui se passe à 350km de la Terre et préparer des missions encore plus lointaines, sur la Lune ou sur Mars.
Ont-ils bon moral? De quoi manquent-ils? Supportent-ils leurs co-locataires? Rien ne peut mieux qu’un journal refléter la réalité d’un séjour de six mois dans l’étroitesse du vaisseau. «Je suis sûre que cela ressemble à la rubrique des ragots, mais le but est de repérer les caractéristiques qui feront le succès de ces expéditions», a expliqué l’astronaute Sunita Williams en décembre, juste avant d’arriver à la station spatiale. […]
Stuster, docteur en anthropologie, a divisé les messages en 18 catégories, soulignant si le ton est positif, négatif ou neutre. Il a aussi pris en compte le moment de la mission où le message est rédigé. Selon lui, les astronautes soufrent de ce qu’on pourrait appeler «le blues du troisième quart»: le nombre de messages positifs diminue au cours de la troisième partie de leur voyage.
—source: NouvelObs
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10 mars 2007, 22:23, par Tlön

La critique, dans tous les sens du terme, vit des jours maussades. De nouveau commence une époque de la critique costumée où les attitudes critiques sont subordonnées aux rôles professionnels. Criticisme à responsabilité limitée, Aufklärung au rabais comme facteur de résussite – attitude au point d’intersection de nouveaux conformismes et d’anciennes ambitions. Chez Tucholsky on a déjà pu sentir, « à l’époque », le vide d’une critique qui veut couvrir de son bruit sa propre désillusion. Cette critique sait que le succès est encore loin d’être efficacité. Elle est brillante, mais c’est peine perdue et on s’en aperçoit. Les cynismes latents des Aufklärer actuels se nourrissent de cette expérience devenue presque générale.
– SLOTERDIJK, Peter ([1983] 1987). Critique de la raison cynique, tr. H. Hildenbrand, éd. Christian Bourgois, Paris, pp. 18-19.
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8 mars 2007, 12:40, par Odradek
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8 mars 2007, 12:11, par Odradek
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19 février 2007, 15:35, par Tlön

CLOV. – Je vais, je viens.
HAMM. – Un jour tu seras aveugle. Comme moi. Tu seras assis quelque part, petit plein perdu dans le vide, pour toujours, dans le noir. Comme moi. [Un temps] Un jour tu te diras, Je suis fatigué, je vais m’asseoir, et tu iras t’asseoir. Puis tu te diras, J’ai faim, je vais me lever et me faire à manger. Mais tu ne te lèveras pas. Tu te diras, J’ai eu tort de m’asseoir, mais puisque je me suis assis je vais rester assis encore un peu, puis je me lèverai et me ferai à manger. [Un temps] Tu regarderas le mur un peu, puis tu te diras, Je vais fermer les yeux, peut-être dormir un peu, après ça ira mieux, et tu les fermeras. Et quand tu les rouvriras il n’y aura plus de mur. [Un temps] L’infini du vide sera autour de toi, tous les morts de tous les temps ressuscités ne le combleraient pas, tu y seras comme un petit gravier au milieu de la steppe. [Un temps] Oui, un jour tu sauras ce que c’est, tu seras comme moi, sauf que toi tu n’auras personne parce que tu n’auras eu pitié de personne et qu’il n’y aura plus personne de qui avoir pitié.
– BECKETT, Samuel (1957). Fin de partie, Éd. De Minuit, Paris, pp.53-54
… voir aussi Pourquoi ici ? et Le souffle de l’extérieur
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8 février 2007, 14:14, par Odradek
La massification du phénomène, au xxe siècle, aura donné une version industrielle privée de son fond éthique et élitaire, se coupant de tout projet de mise en acte dans le domaine esthétique d’une supériorité auto-proclamée, et que le culte du geste élégant synthétise. Le dandysme devient indicible, littéralement parce que les traits monovalents, incontestables, caractéristiques de cette notion sont récupérés par une société en quête de modèles à dupliquer à l’infini, selon une logique du simulacre largement repérée et analysée.
Pham-Thanh, Gilbert (2002). «Poétique du dandy: du non-dit à l’indicible» in Poétique de l’étranger, No 2, p. 20.
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6 février 2007, 14:54, par Tlön
ORLANDO, Florida (Reuters) - A married U.S. astronaut was accused on Tuesday of trying to kidnap and kill a rival for the affections of a fellow astronaut after a bizarre 950-mile drive wearing diapers to confront the woman.U.S. Navy Capt. Lisa Nowak, who has three children, was initially arrested on attempted kidnapping charges on Monday in Orlando after assaulting Colleen Shipman, a U.S. Air Force captain she considered competition for the affections of a male astronaut, police said.
—Reuters (2007). « Astronaut charged with attempted murder » par Barbara Liston, édition du mardi 6 février.
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19 janvier 2007, 17:19, par Tlön

– Martin Parr, Parking Spaces, ed. Chris Boot Ltd., 2007
Diplomatic immunity means there was essentially zero legal enforcement of diplomatic parking violations, allowing us to examine the role of cultural norms alone. This generates a revealed preference measure of government officials’ corruption based on real-world behavior taking place in the same setting. We find strong persistence in corruption norms: diplomats from high corruption countries (based on existing survey-based indices) have significantly more parking violations, and these differences persist over time.
– FISMAN, Raymond et MIGUEL, Edward (2006). Cultures of Corruption. Evidence From Diplomatic Parking Tickets, National Bureau of Economic Research, publication no 12312, juillet 2006 (Document PDF téléchargeable)
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10 décembre 2006, 11:51, par Odradek
[…] ce décalage de l’être par rapport à lui-même, que nous relevons comme caractéristique principale de la fatigue, constitue l’avènement de la conscience, c’est-à-dire d’un pouvoir de «suspendre» l’être par le sommeil et l’inconscience.
—Emmanuel LEVINAS, De l’existence à l’existant, Paris: Vrin, seconde édition augmentée, 2004 (1963), p. 43.
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25 novembre 2006, 12:37, par Odradek

L’ennui est une étoffe grise et chaude, garnie à l’intérieur d’une doublure de soie aux couleurs vives et chatoyantes. Nous nous roulons dans cette étoffe lorsque nous rêvons. Nous sommes alors chez nous dans les arabesques de sa doublure. Mais le dormeur emmitouflé dans sa grisaille a l’air de s’ennuyer. Et quand il se réveille et veut raconter ce à quoi il a rêvé, il ne fait partager le plus souvent que cet ennui. Car qui saurait d’un geste tourner vers l’extérieur la doublure du temps?
— Benjamin, Walter (1989). Paris, capitale du xixe siècle. Le Livre des passages (1927-1940). Paris: Les Éditions du Cerf, collection «Passages». Texte établi, annoté et présenté par Rolf Tiedemann, traduit de l’allemand par J. Lacoste. [D2a, 1; e°, 2].
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22 octobre 2006, 14:55, par Odradek
I scream, you scream, we all scream for ice-cream.

Si l’homme retourne un jour sur la Lune, comme le souhaite l’actuel président des Etats-Unis, il ne trouvera pas de dépôts de glace d’eau en grande quantité au pôle sud, selon Donald Campbell et ses collègues. Ces chercheurs ont obtenu des données radar très précises du cratère Shackleton et en déduisent que le fond du cratère est rocailleux mais pas glacé. Ils publient leurs travaux aujourd’hui dans la revue Nature.
—source: Nouvel Obs
Voir également l’article sur Futura-sciences.
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15 octobre 2006, 13:07, par Odradek
Rien au monde ne peut nous enlever le pouvoir de dire je. Rien, sauf l’extrême malheur. Rien n’est pire que l’extrême malheur qui du dehors détruit le je, puisque dès lors on ne peut plus le détruire soi-même. Qu’arrive-t-il à ceux dont le malheur a détruit du dehors le je? On ne peut se représenter pour eux que l’anéantissement à la manière de la conception athée ou matérialiste.
Qu’ils aient perdu le je, cela ne veut pas dire qu’ils n’aient plus d’égoïsme. Au contraire. Certes, cela arrive quelquefois, quand ils se produit un dévouement de chien. Mais d’autres fois l’être est au contraire réduit à l’égoïsme nu, végétatif. Un égoïsme sans je.
—Simone WEIL, La Pesanteur et la grâce, Paris: Librairie Plon, collection «Agora», 1988 (1947), pp. 73-74.
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13 octobre 2006, 11:55, par Tlön

For all men who say yes, lie; and all men who say no, – why, they are in the happy condition of judicious, unincumbered travellers in Europe; they cross the frontiers into Eternity with nothing but a carpet-bag, – that is to say, the Ego. Whereas those yes-gentry, they travel with heaps of baggage, and, damn them! they will never get through the Custom House. What’s the reason, Mr. Hawthorne, that in the last stages of metaphysics a fellow always falls to swearing so?
MELVILLE, Herman (1851). Lettre du 16 (?) avril à Nathaniel Hawthorn.
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12 octobre 2006, 00:01, par Odradek
[…] de ces «esprits libres», il n’y en a, il n’y en eut jamais, —mais, comme je l’ai dit, c’est leur société qu’il me fallait alors pour garder ma bonne humeur au beau milieu d’humeurs mauvaises (maladie, isolement, exil, acedia, désœuvrement): braves compères de fantômes avec qui rire et bavarder quand on a envie de rire et bavarder, et que l’on envoie au diable s’ils deviennent ennuyeux, —en dédommagements d’amis qui vous manquent.
Thus then, when I found it necessary, I invented once upon a time the “free spirits,” to whom this discouragingly encouraging book with the title “Human, All Too Human,” is dedicated. There are no such ” free spirits” nor have there been such, but, as already said, I then required them for company to keep me cheerful in the midst of evils (sickness, loneliness, foreignness—acedia, inactivity) as brave companions and ghosts with whom I could laugh and gossip when so inclined and send to the devil when they became bores—as compensation for the lack of friends. That such free spirits will be possible some day, that our Europe will have such bold and cheerful sights amongst her sons of tomorrow and the day after tomorrow, actually and bodily, and not merely, as in my case, as the shadows of a hermit’s phantasmagoria—I should be the last to doubt thereof. Already I see them coming, slowly; and perhaps I am doing something to hasten their coming when I describe in advance under what auspices I see them originate, and upon what paths I see them come.
—Friedrich NIETZSCHE, Humain, trop humain: Un livre pour esprits libres, I (préface, §2), 1878, in Œuvres philosophiques complètes, tome III, Paris: Gallimard, 1988, p. 23. Traduit de l’allemand par Robert ROVINI.
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6 octobre 2006, 20:31, par Odradek

[…] ces lamentations, comme les prétextes du passionné ou les griefs du malveillant, trahissent une âme résolue, quoi qu’il arrive, à s’ennuyer. Un ange n’arracherait pas à la mauvaise volonté une parole d’indulgence; et de même un voyage dans la lune ne distrairait pas l’homme de l’ennui.
—Vladimir JANKÉLÉVITCH, L’Aventure l’ennui le sérieux, Paris: Aubier Éditions Montaigne, 1963, p. 77.
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20 septembre 2006, 13:15, par Odradek

«Je vous mens.
—Tu me manques.»
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9 septembre 2006, 11:08, par Odradek
Le démon de l’acédie, qui est appelé aussi «démon de midi», est le plus pesant de tous; il attaque le moine vers la quatrième heure et assiège son âme jusqu’à la huitième heure. D’abord, il fait que le soleil paraît lent à se mouvoir, ou immobile, et que le jour semble avoir cinquante heures. Ensuite il le force à avoir les yeux continuellement fixés sur les fenêtres, à bondir hors de sa cellule, à observer le soleil pour voir s’il est loin de la neuvième heure, et à regarder de-ci, de-là si quelqu’un des frères… En outre, il lui inspire de l’aversion pour le lieu où il est, pour son état de vie même, pour le travail manuel, et, de plus, l’idée que la charité a disparu chez les frères, qu’il n’y a personne pour le consoler.
—Évagre le PONTIQUE, Traité Pratique ou Le Moine (ive siècle), tome II. Paris: Les Éditions du Cerf, collection «Sources chrétiennes», 1971, traduit du grec par Claire GUILLAUMONT, chapitre 12, p. 521.
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8 septembre 2006, 08:39, par Odradek
ἀκηδία, akedia, acidia, acedia, acédie. Symtômes:
L’œil de celui qui est dans l’acédie regarde fixement les fenêtres, et son esprit se représente les visiteurs. La porte a grincé, il bondit! Il a entendu une voix, il regarde par la fenêtre et ne s’en éloigne que pour s’asseoir et somnoler. Quand il est en train de lire, celui qui est victime de l’acédie bâille abondamment et se laisse aisément emporter vers le sommeil. Il se frotte les yeux, étire ses bras, puis, ayant écarté ses yeux du livre, il considère le mur; puis il se remet à lire quelque peu; il feuillette le livre pour voir quand finit le texte et il perd ainsi son temps; il compte ainsi les feuillets, suppute le nombre des quaternions; il critique l’écriture et l’ornementation; enfin il ferme le livre, le met sous sa tête et il s’endort d’un sommeil qui n’est pas profond, car, bientôt la faim le réveille et le fait se soucier de lui-même.
—Évagre le PONTIQUE (ive siècle), cité par Antoine GUILLAUMONT, «Introduction; Étude historique et doctrinale», in Évagre le PONTIQUE, Traité Pratique ou Le Moine, tome I. Paris: Les Éditions du Cerf, collection «Sources chrétiennes», 1971, p. 88.
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6 septembre 2006, 12:44, par Odradek

December 1997: «Former Soviet leader Mikhail Gorbachev appears in the spot with his 10-year-old granddaughter, Anastasia. The commercial uses their presence in a Pizza Hut restaurant to suggest that capitalism is better than communism because it makes luxuries like Pizza Hut available.» […] Source: CNN
[Comrad 1] «It’s Gorbachev! Because of him, we’re on the edge of economic ruin!
[Comrad 2] —Because of him, we have freedom!
[Comrad 1] —Because of him, we’re on the edge of chaos!
[Comrad 3] —Because of him, we’re even free… to go to the edge of our pizza.
[Pizza Hut] —The Edge Pizza™ from Pizza Hut, with no added crust, so the toppings go all the way to the edge.
[Comrads together, holding their pizza] —Hail to Gorbachev! Hail to Gorbachev! Hail to Gorbachev!…
[Pizza Hut] —Have you been to the edge?™»
© 1997 Pizza Hut
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31 août 2006, 23:29, par Odradek
[…] il y a deux façons d’échapper à la dialectique […]
—Jean-Luc NANCY, La Communauté désœuvrée, nouvelle édition revue et augmentée, Paris: Christian Bourgois Éditeur, 1990 (1986), collection «Détroits», p. 22, note 2.

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27 août 2006, 12:53, par Odradek

Les responsables de la NASA tentent toujours de remettre la main sur les enregistrements vidéo originaux du premier alunissage de juillet 1969 […]
—Source: Nouvel Obs: «Premiers pas sur la Lune: la vidéo originale égarée»
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23 août 2006, 21:31, par Odradek
Les pièces qui composent la série Musique d’ameublement, Furniture music, d’Érik Satie (1923?) devront être jouées «pour qu’on ne [les] écoute pas». Chaque morceau pourra cependant être répété autant de fois qu’on le désire, aussi longtemps que dure l’intervalle de temps qu’on s’est proposé de meubler. Extraits:
Quelques explications sur le contexte de l’œuvre ici.
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19 août 2006, 17:21, par Odradek

Partition d’Érik Satie, Vexations (1893). À jouer dans la séquence suivante: Thème-Varitation 1-Thème-Variation 2, 840 fois de suite. Tempo: très lent.
Pour se jouer 840 fois de suite ce motif, il sera bon de se préparer au préalable, et dans le plus grand silence, par des immobilités sérieuses.
—Érik Satie
To play this motif 840 times in succession, it would be advisable to prepare oneself beforehand, in the deepest silence, by serious immobilities.
—Érik Satie
Joué pour la première fois par une équipe de pianistes menée par John Cage à New-York en 1963 (Voir l’article du Time du 20 sept. 1963).
À écouter: un échantillon de Vexations au format mp3.
À lire: l’article (en anglais) de Stephen Whittington: «Serious Immobilities: On the centenary of Erik Satie’s Vexations».
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14 août 2006, 15:57, par Tlön

[Gerry] We’re walking north-northwest…for…a couple hours… a ways…
[Gerry] But that’s been the way we’ve been walking the whole time. I mean it’s been 30 hours of walking. North-northwest. Okay.
[Gerry] Uh-huh
[Gerry] We’ve gotta be fucking close to the highway.
[Gerry] Yeah. But we, but we got lost. I mean, we were going…We walked our ways and maybe it was north. And then… We came, we turned around, and…
[Gerry] We got off…
Lire la suite…
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1 août 2006, 11:05, par Odradek
Lorsque les formes des choses sont dissoutes dans la nuit, l’obscurité de la nuit, qui n’est pas un objet ni la qualité d’un objet, envahit comme une présence. Dans la nuit où nous sommes rivés à elle, nous n’avons affaire à rien. Mais ce rien n’est pas celui d’un pur néant. Il n’y a plus ceci, ni cela; il n’y a pas «quelque chose». Mais cette universelle absence est, à son tour, une présence, une présence absolument inévitable. Elle n’est pas le pendant dialectique de l’absence et ce n’est pas par une pensée que nous la saisissons. Elle est immédiatement là. Il n’y a pas de discours. Rien ne nous répond, mais ce silence, la voix de ce silence est entendue et effraie comme «le silence de ces espaces infinis» dont parle Pascal. Il y a en général, sans qu’importe ce qu’il y a, sans qu’on puisse accoler un substantif à ce terme. Il y a forme impersonnelle, comme il pleut ou il fait chaud. Anonymat essentiel. L’esprit ne se trouve pas en face d’un extérieur appréhendé. L’extérieur –si on tient à ce terme– demeure sans corrélation avec un intérieur. Il n’est plus donné, il n’est plus du monde.
—Emmanuel LEVINAS, De l’existence à l’existant, Paris: Vrin, seconde édition augmentée, 2004 (1963), pp. 94-95.
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30 juillet 2006, 22:23, par Odradek
À l’approche de midi, les ombres ne sont plus que de fines bordures noires au pied des choses, prêtes à se retirer sans bruit, brusquement, dans leur tanière, dans leur mystère. Lors est venue, en sa plénitude concise, ramassée, l’heure de Zarathoustra, du penseur «au midi de la vie», au «jardin de l’été». Car la connaissance, comme le soleil au plus haut de sa trajectoire, trace des choses le contour le plus rigoureux.
—Walter BENJAMIN, «Brèves ombres», in Œuvres II, Paris: Gallimard, collection «Folio Essais», traduit par Maurice de GANDILLAC, revu par Pierre RUSCH, 2000 (1929).
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