Marchandise modèle [1]
7 décembre 2007, 18:19, par Tlön
I can be whatever you want me to be, Ms. Bundchen was saying. If you want me to be the sexy girl, I can do that. If you want me to be the weird girl, I can do that. And if you want me to be the classically beautiful girl, I can do that, too.
– Gisele Bundchen, Esquire, novembre 2004.
Nov. 5, 2007 (Bloomberg) — Gisele Bundchen wants to remain the world’s richest model and is insisting that she be paid in almost any currency but the U.S. dollar. Like billionaire investors Warren Buffett and Bill Gross, the Brazilian supermodel, who Forbes magazine says earns more than anyone in her industry, is at the top of a growing list of rich people who have concluded that the currency can only depreciate because Americans led by President George W. Bush are living beyond their means. [Lire la suite]
La Jeune-Fille est présentement le plus luxueux des biens qui circulent sur le marché des denrées périssables, la marchandise-phare de la cinquième révolution industrielle qui sert à vendre toutes les autres, de l’assurance-vie à la centrale nucléaire, le rêve monstrueux et bien réel du plus intrépide, du plus fantasque des commerçants : la marchandise autonome qui marche qui marche parle et fait taire, la chose enfin vivante, qui ne saisit plus le vif, mais le digère. Trois millénaires du labeur inlassable de milliards d’existences de boutiquiers replets, génération suivant génération, trouvent leur couronnement génial dans la Jeune-Fille : car elle est la marchandise qu’il est interdit de brûler, le stock qui s’engendre lui-même, la propriété inaliénable et incessible pour laquelle il faut cependant payer, la vertu qui sans arrêt se monnaye, elle est la catin qui exige le respect, la mort se mouvant en elle-même, elle est la loi et la police tout ensemble… Qui n’a, par éclair, entrevu dans sa beauté définitive et funèbre le sex-appeal de l’inorganique?
– TIQQUN (2001), Premiers matériaux pour une théorie de la Jeune-Fille [PDF, 11Mo], éd. Mille-et-une-nuits, Paris, pp. 140-143.
» Voir aussi EASTON ELLIS, Bret (1998). Glamorama.