L’incertaine représentation
19 mai 2007, 11:00, par Tlön
Les Deux mystères, René Magritte, 1966
Quand on considère un objet en lui-même et dans son propre être, sans porter la vue de l’esprit à ce qu’il peut représenter, l’idée qu’on en a est une idée de chose, comme l’idée de la terre, du soleil; mais quand on ne regarde un certain objet que comme en représentant un autre, l’idée qu’on en a est une idée de signe, et ce premier objet s’appelle signe. C’est ainsi qu’on regarde d’ordinaire les cartes et les tableaux. Ainsi le signe enferme deux idées : l’une de la chose qui représente, l’autre de la chose représentée, et sa nature consiste à exciter la seconde par la première.
– ARNAULD, Antoine et NICOLE, Pierre ([1662] 1992). La Logique ou l’art de penser, éd. Gallimard, coll. Tel, Paris, p. 46 (première partie, chap. IV : «Des idées des choses et des idées des signes»).