Distraction des corps en impesanteur
23 novembre 2006, 14:01, par Tlön
– Image du haut tirée du film La Société du spectacle de Guy Debord (France, 1973).
– Image du bas tirée du film 2001: A Space Odyssey de Stanley Kubrick (Étas-Unis / G.-B., 1968).
Ce qui relie les spectacteurs n’est qu’un rapport irréversible au centre même qui maintient leur isolement. Le spectacle réunit le séparé, mais il le réunit en tant que séparé.
– DEBORD, Guy ([1967] 1992). La Société du spectacle, éd. Gallimard, coll. Folio, Paris, thèse 29, p. 30.
Ceux qui voudront découvrir des alternatives à l’existence dans l’auto-satisfaction stoïque ou l’arrêt que s’impose l’individualiste devant le miroir feront bien de se rappeler une époque où toute condition sur la conditio humana était imprégnée par l’évidence du fait qu’un jeu incessant de contaminations affectives se déroule entre les hommes, que ce soit dans la proximité familiale ou sur le marché ouvert. Bien avant que les axiomes de l’abstraction individualiste n’aient pu s’imposer, les psychologues-philosophes du début des temps modernes ont fait comprendre que l’espace interpersonnel est saturé d’énergies symbiotiques, érotiques et mimétiques-concurrentielles, qui démentent fondamentalement l’illusion de l’autonomie du sujet.
– SLOTERDIJK, Peter ([1998] 2002). Bulles. Sphères I, tr. O. Mannoni, éd. Fayard, coll. Pluriel philosophie, Paris, pp. 227-228.