Bulles – Le souffle de l’extérieur
13 février 2006, 15:36, par TlönDésormais, les habitants de la Terre, ces vieux mortels, ont perdu toute illusion sur leur situation centrale dans le giron cosmique, même si de telles idées peuvent nous coller à la peau comme des illusions innées. Avec la thèse héliocentrique de Copernic, l’homme entame une série de sorties exploratoires vers l’extérieur dépourvu d’êtres humains, vers des galaxies situées à une distance inhumaine, et vers les composantes les plus fantomatiques de la matière. Le souffle de l’extérieur, avec sa nouvelle froideur, a été ressenti de bonne heure, et même quelques-uns des pionniers de la connaissance sur la situation de la Terre dans le Cosmos – savoir qui a subi une transformation révolutionnaire – n’ont pas passé sous silence le malaise que leur causait cette infinité qu’on leur demandait scandaleusement d’admettre… [Lire la suite]
- Peter SLOTERDIJK ([1998] 2002). Bulles. Sphères I, tr. O. Mannoni, éd. Fayard, coll. « Pluriel Philosophie », Paris, pp. 22-31.
